sécurité

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Certains réactifs utilisés en traitement des eaux sont des produits dangereux (acides, bases, chlore, ammoniac, ozone entre autres).

Les stockages de grande taille d’acides, de soude ou de chlore sont soumis à des réglementations officiel­les très strictes, auxquelles on doit se reporter dans chaque pays.

Les dispositions concernant les fuites de chlore sont, en particulier, importantes si le stockage nécessite une installation de neutralisation, en cas de fuite de chlore ; l’air chloré à neutraliser est aspiré par un venti­lateur puis refoulé à la partie inférieure d’une tour où ruisselle à contre-courant une solution neutralisante (lessive de soude seule ou combinée à de l’hyposulfite de sodium) à travers des anneaux de contact.

Compte tenu des graves dangers que peut entraîner une fuite de chlore, il est impératif d’équiper les locaux de stockage d’un dispositif efficace de détection de fuites.

Une fuite de chlore gazeux, à partir d’un récipient de stockage, ne peut se maintenir à son débit que s’il se produit un apport extérieur de calories, au travers de la paroi du récipient, correspondant à la chaleur de vaporisation du chlore liquide à ce débit. Par ailleurs, la détente du gaz sous pression, s’écoulant par l’orifice de fuite, s’accompagne d’un abaissement de température tendant à diminuer le débit de fuite. Pour ces rai­sons, il faut éviter d’arroser ou d’immerger le réservoir de stockage dans l’eau, sauf pour les petites bou­teilles de chlore où il n’existe pas d’installation de neutralisation de fuites de chlore et où la seule solution, en cas de blocage du robinet de la bouteille, est l’immersion de cette dernière dans une solution neutrali­sante.

Indépendamment des réglementations existantes, des précautions élémentaires de bon sens doivent être prises (même si elles ne sont pas légalement obligatoires) lors des manipulations et du stockage de ces pro­duits. On peut citer les recommandations suivantes :

  • port de cagoule, lunettes, gants et tablier de sécurité, lors de toute intervention sur un circuit véhiculant un produit corrosif ;
  • installation d’une douche et de lave-œil spécifiques de sécurité, à proximité des stockages d’acide et de soude et des lieux de dépotage ;
  • construction de fosses de rétention (non reliées aux égouts) sous les citernes d’acide et de soude, avec séparation des fosses en cas de stockages jumelés acide/soude ;
  • étiquetage clair des tuyauteries de dépotage, pour minimiser les risques de mélanges dangereux à la livraison de certains réactifs (acide/hypochlorite par exemple) ;
  • entretien systématique des canalisations et des dispositifs de lavage de gaz installés sur les évents des réservoirs d’acide chlorhydrique, dont les vapeurs sont irritantes pour les muqueuses des voies respira­toires (et corrosives pour les équipements avoisinants) ;
  • vidanges aux points bas des circuits de réactifs dangereux, pour permettre les interventions d’entretien en toute sécurité ;
  • en cas de dilution de chlorure ferrique cristallisé ou anhydre, de chaux vive, d’acide sulfurique et de soude, faire attention à l’échauffement qui peut être violent (voir section chimie et réactifs figures 19-21-26) ;
  • le charbon actif en poudre, sous forme de poussière en suspension dans l’air, peut s’enflammer spon­tanément. Travaux et flammes sont prohibés dans les locaux concernés. Ceux-ci sont généralement munis d’un dispositif de ventilation et de filtration d’air.