traitement des boues liquides

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Une filière de traitement des boues ne se conçoit bien que si nous répondons préalablement à ces trois questions :

  • quelle est la qualité des boues à traiter ?
  • quelles sont les quantités (MES) à traiter ?
  • quelle est la destination finale possible de ces boues ?

La qualité de la boue qui dépend des polluants de l’eau arrivant sur la station mais surtout des traitements effectués (voir caractérisation des boues/classification) va avoir un impact fort sur les prévisions des performances des différents procédés : impact sur les siccités, sur les débits, sur le type et le dosage des réactifs, sur les choix d’équipe­ments. Par exemple, le caractère hydrophile (présence de boues biologiques, de boues d’hydroxydes, de matières organiques…) influera défavorablement sur les performances de la déshydratation (siccité obte­nue assez faible). Au contraire, le caractère hydrophobe (présence de boues cristallines, de boues minérales lourdes, de boues primaires de décantation…) donnera des performances plutôt fortes en siccités.

Les quantités (MES) déterminent les investissements en équipements et obligent à certains choix écono­miques. Toute conception rationnelle d’une station d’épuration passe aussi par une préoccupation majeure : essayer de réduire de façon significative la masse de résidus produits lors de l’épuration. Cette réduction peut être prise en compte dans la filière d’eau elle-même par l’emploi de réactifs organiques et non miné­raux ou de traitements biologiques à très faible charge voire l’emploi de procédés tels Biolysis (voir réduction de production de boues) mais aussi bien entendu dans la filière boue (digestion anaérobie, combustion de la MO, utilisation d’un conditionnement organique…).

La destination finale des boues (voir les destinations finales des boues) va avoir des incidences fortes sur le choix des équipements :

  • nécessité ou non de stabiliser la boue ;
  • nécessité ou non d’hygiéniser la boue ;
  • nécessité ou non d’écarter tel ou tel réactif ;
  • nécessité ou non d’une siccité minimale à atteindre ;
  • nécessité ou non d’un produit final de structure solide ;
  • nécessité ou non d’une filière alternative ;

et même sur le choix de la filière eau, par exemple, en cherchant à obtenir une boue à forte teneur en matière organique et à forte siccité en vue d’une incinération…

Toute étude de choix de destination finale des boues doit donc comporter :

  • une étude financière comparative (coûts investissement et coûts d’exploitation) ;
  • le souci de pérennité de la filière envisagée ;

ceci en tenant compte de la réglementation s’y appliquant (voir les destinations finales des boues).