procédé rhizopur

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Le procédé Rhizopur est un procédé breveté de traitement des eaux résiduaires domestiques adapté aux petites collectivités. Il associe un lit bactérien suivi de lits d’infiltration plantés de roseaux dési­gnés sous le nom de rhizofiltres. Prises séparément, les deux technologies sont bien connues, l’originalité de la filière Rhizopur repose sur l’association des deux procédés.

La figure 40 présente la filière de traitement des eaux et des boues dans son ensemble.

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Figure 40. Schéma du procédé Rhizopur

Après prétraitement, l’eau brute est admise dans un poste de relèvement pour être répartie au sommet du lit bactérien à remplissage plastique, d’une hauteur de 4 m. Ce premier étage assure le traitement de la matière carbonée dissoute et colloïdale, éventuellement la nitrification.

Le mélange eau traitée-biomasse est admis sur l’étage de rhizofiltres par l’intermédiaire d’un poste de pompage. Le nombre de lits utilisés est de trois ou un multiple de trois, de manière à gérer correctement les périodes d’alimentation et de repos des lits. Le temps de maturation d’un lit doit en effet être égal à deux fois la durée d’alimentation.

Le massif filtrant est constitué de trois couches de matériaux à granulométrie croissante depuis la surface jusqu’au fond : sable en couche supérieure, graviers en couches inférieures.

Les végétaux implantés dans le sable sont des roseaux (phragmites australis) résistants aux conditions de tels milieux. Leur rôle principal est l’action mécanique des rhizomes qui pérennisent la perméabilité du média filtrant ; ils servent aussi de support pour la fixation des bactéries.

La gestion des boues est très simplifiée. Les boues sont admises avec le liquide en surface des rhizofiltres, et subissent un lent phénomène de digestion aérobie. La couche cumulée de boue est de l’ordre de 25 cm par an pour une alimentation du système à pleine charge. L’évacuation doit intervenir lorsque l’épaisseur atteint de 1 à 1,5 m, elle est réalisée par engin mécanisé. La destination finale est fonction du contexte local.

La filière de traitement correctement conçue et dimensionnée répond aux exigences de rejet en zones normales : DCO < 125 mg · L–1, DBO < 25 mg · L–1 et MES < 35 mg · L–1. Elle est en mesure de nitrifier l’azote ammoniacal selon les conditions du site (température, charge appliquée…).

En raison de ses performances et de ses caractéristiques (faible besoin de main-d’œuvre, faible consom­mation énergétique, production de boue réduite et stabilisée), le procédé est particulièrement adapté aux petites stations.