objectifs de qualité et de faibilité

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L’objectif de qualité dépend de la législation locale ou nationale et varie souvent avec le lieu de rejet. En Europe, la directive du 21 mai 1991 (voir finalité du traitement - objectifs de qualité) a été rédigée en définissant trois types de zones de rejet correspondant à trois niveaux de traitement différents :

  • zones normales ;
  • zones sensibles ;
  • zones moins sensibles.

L’application en droit français de cette directive a donné lieu à la parution d’un arrêté du 22 décembre 1994, modifié le 2 mai 2006 et le 22 juin 2007, révisé par l’arrêté du 21 juillet 2015 relatif à l’assainissement des eaux usées urbaines fixant les niveaux de rejet à respecter pour les zones normales (traitement des matières en suspension et des matières carbonées, la DCO et la DBO) et les zones sensibles (pollutions liées à l’azote et au phosphore).

Cette directive et son arrêté français renforcent le respect de ces objectifs en leur fixant aussi une limite minimale de fiabilité de l’installation lors de son exploitation : plus de x % des résultats obtenus doivent être conformes : x et la fréquence d’échantillonnage étant déterminés par la taille de la station.

Pour y parvenir, les installations proposées intègrent donc dans leur conception les éléments suivants :

  • un dimensionnement sécuritaire s’adaptant à la variabilité des charges ;
  • des lignes de traitement multiples pour faire face aux interventions de maintenance lourde indispensa­bles à l’exploitation des stations ;
  • des secours installés pour maintenir un fonctionnement continu des procédés utilisés ;
  • des automatismes et des redondances électriques pouvant intégrer suivant nécessité des alimentations séparées, voire secourues, par des groupes… (voir traitements spécifiques) pour renforcer les dispositions précédentes ;
  • des systèmes d’aide à l’exploitation (voir modifications de l'équilibre calcocarbonique) intégrant de plus en plus des systèmes de contrôle avancés, basés sur de nouveaux capteurs de plus en plus fiables, permettent d’adapter en temps réel le traitement aux variabilités du réseau d’eau usée. Le concepteur intègre, en plus des systèmes traditionnels de supervision (SCADA : Supervisory Control and Data Acquisition) et d’exploitation (GMAO : Gestion de Maintenance Assistée par Ordinateur…), des solutions avancées autorisant le réglage fin des boucles de contrôle PID, l’analyse poussée des données (data analysis, dashboard) et le contrôle fin et poussé de procédés (SMART process control…).

Des objectifs encore plus exigeants peuvent être demandés dans le cas de zones littorales maritimes com­portant des élevages ostréicoles et conchylicoles ou des zones de baignades (une désinfection pour abattre les germes bactériologiques contaminants est alors indispensable).

L’installation doit alors être complétée par des filières tertiaires réduisant les matières en suspension et facilitant l’action des procédés de désinfection : UV, chlore et dérivés, ozone (voir cas particulier de la désinfection des ERU).

De même, en cas de réutilisations d’eau (« reuse ») comme eau de process industriels, d’arrosage de sols et d’espaces verts, ou comme eau potable (indirecte voir réutilisation des eaux usées) visant à réduire les prélèvements d’eau sur le milieu naturel, il y a nécessité d’utiliser des filières tertiaires complètes suivies d’unités de désin­fection très fiables.

Enfin, l’émergence de nouvelles normes telle que la directive fédérale parue en Suisse en avril 2015 sur les micropolluants impliquent la prise en compte de nouvelles substances à éliminer. Les habitudes des pays développés ont favorisé les prises médicamenteuses et révélé la présence de substances majoritairement inorganiques pouvant avoir un impact significatif sur l’environnement. L’identification des substances prépondérantes au niveau local permettra la mise en œuvre de nouvelles filières spécifiquement adaptées.

Remarque : en France une lettre du gouvernement du 29 Septembre 2010 sur les micropolluants a fixé pour objectif l’application d’une démarche en trois points : réalisation d’une campagne initiale de mesure basée sur 4 bilans annuels complets (2011), surveillance régulière (2012), mesures des paramètres révélés comme significatifs pendant les 3 années après la phase de surveillance régulière (2012). Une liste de 103 micropolluants, classés par priorité en fonction de leur degré de dangerosité, a été établie à la suite de cette démarche.