les sources d'émission de composés odorants d'une step

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l’arrivée de l’effluent brut et les prétraitements (dessablage, déshuilage et décantation primaire)

Sur ces ouvrages, le principal risque est de transférer vers l’atmosphère les composés malodorants con­tenus dans les eaux à traiter. Leurs caractéristiques et leur origine sont donc les facteurs déterminants à prendre en compte pour évaluer leur potentiel odorant (septicité, potentiel redox, température, longueur des réseaux, concentration en DBO, postes de relèvement intermédiaires, présence de rejets industriels…). Des actions peuvent être effectuées pour limiter cet apport, soit en combattant la tendance à l’anaérobiose du réseau : injection d’oxydant (ex. H2O2), injection de NO3 (anoxie et non anaérobie), soit en précipitant le S2– via des sels ferreux ou ferriques.

Tout brassage (pompe de relevage, agitation en pied de grilles, bullage dans les dégraisseurs) aura ten­dance à « stripper » les composés soufrés et azotés volatils et très malodorants issus des fermentations ana­érobies dans les égouts (dégradation des protéines, production de mercaptans…).

Un facteur aggravant : le recyclage « en tête » des jus fortement chargés et septiques, issus du traitement des boues.

Au niveau de la décantation primaire, les émissions d’odeurs restent limitées (chutes au niveau des déver­soirs) et les concentrations mesurées sont inférieures à celles existant en entrée de station. Néanmoins, les puits à boues fraîches sont des générateurs d’odeurs assez importants.

le traitement biologique et le clarificateur associé

Leurs contributions sont peu importantes.

La concentration en composés soufrés mesurée à la surface des bassins d’aération est toujours faible et si on doit classer les ouvrages par ordre de nuisance olfactive en fonction du traitement, on a :

  • pour l’aération : fines bulles < aération de surface < grosses bulles (voir stripping croissant) ;
  • pour la charge : faible < moyenne < forte (voir qualité de l’eau).

Le clarificateur ne participe quasiment pas à l’émission d’odeurs dans la mesure où le traitement fonc­tionne correctement. De même, d’éventuels traitements tertiaires posent peu de problèmes.

le traitement des boues

C’est sans aucun doute l’endroit où se trouvent les principaux points d’émission de composés olfactifs d’une station.

La nature des traitements mis en jeu a une influence sur l’intensité de la nuisance :

  • une stabilisation aérobie ou anaérobie des boues limite les odeurs ;
  • un chaulage modifie la répartition des composés odorants : en augmentant le pH, les produits soufrés sont bloqués sous forme ionisée (soluble) dans l’eau alors que les composés azotés sont libérés.

Au fond des épaississeurs, des zones en anaérobiose existent et la phase d’acidogenèse de la fermenta­tion produit des acides gras volatils.

Au niveau de la déshydratation, le tableau 1 résume les grandes tendances quant à sa contribution aux émissions en fonction du type de déshydratation et de la nature de la boue.

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Tableau 1. Grandes tendances à la contribution aux émissions en fonction du type de déshydratation et la nature de la boue

Désormais, soit l’ensemble de la station, soit au moins les principaux postes de production d’odeurs sont couverts et ventilés, et c’est l’ensemble des débits gazeux de toutes ces salles qui arrive à l’entrée de l’atelier de désodorisation (voir la désodorisation).