les prélèvements d'eaux

Temps de lecture :

Pour les prélèvements d’eau potable, la norme ISO 5667 s’applique. Aucun système d’échantillon­nage particulier n’est nécessaire puisqu’il s’agit d’échantillons ponctuels dans tous les cas.

La norme ISO 5667 décrit les différentes techniques d’échantillonnage et les différents types de récipients à utiliser, ainsi que le mode de conservation de l’échantillon en fonction du paramètre à analyser.

Pour les prélèvements en milieu naturel, il faut respecter un certain nombre de précautions :

  • eau de rivière : éviter les zones mortes sur le bord ; prélever en pleine eau, dans le courant, en utilisant tous moyens appropriés (bottes, bateau, pont…) ; prendre si possible des échantillons à différents moments de l’année pour tenir compte des variations saisonnières (crues, étiages…) ;
  • eau de lac (naturel ou artificiel) : utiliser des flacons lestés (à cavalier mobile, à clapets…) spéciaux pour prélèvements en profondeur ; à noter d’ailleurs que ces appareils peuvent également être utiles sur des installations (ex. : prélèvement d’un échantillon de lit de boue) ; s’efforcer de prélever au niveau du futur pompage ; en cas de tour de prise d’eau à entrées multiples, prélever à différents niveaux pour établir le profil physico-chimique et algologique du lac ou de la retenue et guider l’exploitant dans le choix du niveau de prise ; renouveler là aussi les campagnes de prélèvements à différentes saisons pour mettre en évidence les périodes de stratification ou de mise en circulation, les tendances vers l’eutrophisation… ;
  • eau souterraine (puits ou forage) : si l’ouvrage n’est ni en service, ni même encore équipé, mettre en place un pompage d’essai et ne commencer à recueillir des échantillons qu’après avoir pompé une quan­tité d’eau égale à celle qui serait fournie pendant au moins 48 heures au futur débit ; faire ensuite une ana­lyse quotidienne jusqu’à stabilisation des résultats ;
  • robinet (forage, usine, réseau) : laisser couler l’eau jusqu’à renouvellement complet du volume du piquage et stabilisation de la qualité de l’eau ; un robinet d’échantillonnage d’eau brute ou d’eau en cours de traitement doit si possible couler en continu.

Dans la plupart des cas, l’utilisation de flacons plastiques est possible. Cependant, pour certains paramè­tres, du flaconnage en verre sera recommandé. Les flacons doivent être propres et on privilégiera le flaconnage à usage unique, mais le plus simple est de demander, au laboratoire destinataire des analyses, de préparer les flacons nécessaires aux analyses demandées (y compris les « conservateurs » nécessaires).

Les échantillons destinés à une analyse bactériologique, en eau potable, sont prélevés en flacons stériles contenant du thiosulfate de sodium pour neutraliser le chlore, ne les ouvrir qu’au moment du prélèvement.

Pour le remplissage des flacons plusieurs protocoles spécifiques sont à suivre :

  • pour le prélèvement des échantillons d’eau potable destinés à une analyse bactériologique : il faut flam­ber le point de prélèvement et laisser couler l’eau à débit constant pendant une à deux minutes sous la protection de la flamme avant de prélever. Attention, de l’air doit être présent dans le flacon et pour cela ce dernier ne sera pas totalement rempli ;
  • pour les flacons contenant des additifs (acide…), il faut veiller à ne pas faire déborder le flacon lors du remplissage et il n’est pas non plus nécessaire de les remplir complètement

Pour les prélèvements d’eaux résiduaires la norme ISO 5667 s’applique.

Vu la variabilité des eaux, il faut la plupart du temps faire un échantillon composite ou proportionnel. En assainissement tout bilan doit être proportionnel au débit. Ceci requiert la plupart du temps l’installation d’un équipement : préleveurs mobiles ou fixes.

Les préleveurs automatiques utilisés pour des prélèvements d’eau résiduaire ou d’eau industrielle ont tous comme composants principaux (figure 1) :

  • crépine afin d’éviter le bouchage du tuyau d’aspiration ;
  • tuyau d’aspiration de 10 à 15 mm d’épaisseur, résistant à l’usure et au pincement ;
  • pompage type péristaltique ou à dépression ;
  • répartiteur avec vidange gravitaire ;
  • flacons, de 1 à 24, selon les besoins ;
  • programmateur avec mémorisation du ou des programmes utilisés, à démarrage temporisé et pré­voyant une purge du tuyau d’aspiration avant et après chaque prélèvement ;
  • alimentation électrique avec batterie interne étanche et facilement rechargeable ;
  • caisson étanche à l’immersion pour les appareils portables. Pour les appareils fixes l’enceinte doit être réfrigérée à 4 °C.
Image sécurisée
Figure 1. Composants principaux d’un préleveur automatique

Voici deux exemples de préleveurs automatiques :

Image sécurisée
Photo 2. Un poste fixe
Image sécurisée
Photo 3. Un poste mobile

Si on dispose de débitmètres sur l’installation, asservir chaque préleveur au débitmètre correspondant.

Si l’on ne dispose pas de mesure de débit, prélever proportionnellement au temps (par exemple un pré­lèvement toutes les 15 minutes et quatre échantillons par flacon pour un préleveur possédant 24 flacons). Ensuite reconstituer, à l’éprouvette, un échantillon proportionnel au débit à partir des enregistrements des temps de marche des pompes de relèvement ou des vis (il faut au minimum pouvoir obtenir les temps de marche des pompes heure par heure).

Le choix du point de prélèvement est fondamental par la représentativité de l’échantillon.

Dans le cas d’une installation fixe, si l’on souhaite réaliser un échantillonnage, il est recommandé de pas­ser en revue les détails pratiques de l’implantation (accès aisé lors de la prise d’échantillon, électricité à proximité) avant de déterminer la position la plus sûre et la plus commode en vue d’un échantillonnage manuel ou automatique.

Sur une station d’épuration, pour les eaux brutes le choix du point de prélèvement est primordial. Il faut se placer avant tous les retours en tête et dans une zone de forte turbulence (veine homogène).

pour aller plus loin :