stabilisation des boues liquides

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Le terme de stabilisation sous-entend l’ensemble des procédés appliqués aux boues permettant:

  • soit d’utiliser le pouvoir fermentescible des composés les plus facilement biodégradables pour les éli­miner, permettant alors leur stockage aisé et diminuant d’autant les quantités de boues à évacuer de la station ;
  • soit de bloquer les fermentations anaérobies, à l’origine d’émanations de composés olfactifs et de réduction de la déshydratabilité des boues.

En même temps ces procédés ont une action plus ou moins poussée d’hygiénisation (réduction des orga­nismes pathogènes contenus dans les boues).

Pour contrôler les fermentations de la matière organique, il faut donc éliminer sa fraction facilement bio­dégradable par voie biologique soit aérobie (on parle alors de stabilisation biologique ou de digestion aéro­bie thermophile), soit anaérobie (digestion anaérobie mésophile ou thermophile). Idéalement, cette fraction organique étant éliminée, tout risque d’émanations olfactives durant les stockages mêmes prolongés, donc anaérobies, est écarté.

Pour bloquer les fermentations non contrôlées, il faut inhiber les micro-organismes actifs présents dans la boue en jouant sur plusieurs paramètres : la température (voir « pasteurisation » ou séchage thermique), le pH (chaulage des boues), l’élimination de l’eau (séchage thermique, séchage solaire). Ces procédés ont tous une action concomitante sur les organismes pathogènes et hygiénisent donc plus ou moins bien la boue.

On verra à la section le compostage des boues que le compostage est un processus biologique aérobie thermophile, pouvant être appliqué aux boues organiques déshydratées, qui permet lui aussi à la fois de contrôler les fermenta­tions et d’hygiéniser partiellement la boue.

Il est bien entendu qu’une élimination totale de la matière organique rend le résidu complètement inerte : ceci est obtenu avec des procédés comme l’incinération, la pyrolyse/gazéification, l’oxydation par voie humide (voir de la section traitements thermiques des boues déshydratées - généralités à la destruction de la matière organique par voix humide (ovh)

Une stabilisation biologique n’est évidemment mise en œuvre que sur des boues dont la teneur en matiè­res biodégradables est importante (généralement supérieure à 50 % des MS), c’est-à-dire :

  • les boues de simple décantation d’eaux résiduaires urbaines, ou « boues primaires » ;
  • les boues de traitement biologique aérobie à moyenne et forte charge (boues activées en excès, boues de lits bactériens, boues provenant du lavage de biofiltres, boues provenant de Moving Bed Bioreactor), appelées souvent de façon succincte « boues biologiques » ;
  • le mélange des deux types de boues précédents ou « boues mixtes » ;
  • les boues de traitement biologique aérobie à faible charge sans décantation primaire (boues activées en excès) ou « boues d’aération prolongée ».

L’appellation de boues fraîches est donnée à des boues avant stabilisation, celle de boues stabilisées ou de boues digérées, à des boues après stabilisation. L’usage veut que le terme « digérées » soit le plus sou­vent réservé aux boues stabilisées par voie anaérobie.

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