élimination de l'h2s

Temps de lecture :

Trois types de procédés sont envisageables.

élimination physique par stripage

L’aération à l’air libre (cascade, pulvérisation) n’est envisageable que pour de faibles concentrations en H2S car :

  • le rendement d’élimination n’est pas de 100 % (sauf pH très acide) ;
  • l’évacuation de l’H2S à l’atmosphère pose des problèmes d’environnement (odeur, toxicité) et impose de laver le gaz de stripage par de l’eau de javel ou de l’ozone (voir la section la désodorisation).

Une aération forcée dans un réacteur aéré type éliminateur de CO2 serait plus efficace, mais poserait les mêmes problèmes pour le voisinage et imposerait souvent une remise à l’équilibre calcocarbonique de l’eau traitée ; elle n’est donc pas de pratique courante.

procédés chimiques

oxydation

Les oxydants chimiques sont efficaces, mais difficiles à maîtriser : en fonction des conditions du traite­ment (pH, EH…), le terme de l’oxydation peut être le soufre élémentaire (colloïdal), l’ion sulfate ou des com­posés intermédiaires. Les proportions stœchiométriques théoriques sont données par le tableau 10. Dans la pratique, plusieurs composés d’oxydation sont obtenus et la demande de l’eau en oxydant est intermédiaire entre ces extrêmes. On voit que le coût d’un tel traitement est vite rédhibitoire si la teneur initiale en H2S est élevée.

Image sécurisée
Tableau 10. g d’oxydant par g H2S

précipitation par des sels de fer

En utilisant du sulfate ferreux ou du chlorure ferrique, on obtient des précipités, de sulfures de fer (FeS, FeS2, Fe3S4), eux-mêmes colloïdaux, qu’il faut donc coaguler-floculer puis séparer. Ce procédé, parfois uti­lisé dans le domaine des effluents, est mal maîtrisé en matière de traitement d’eau potable.

procédés biologiques

En milieu faiblement aéré, des sulfobactéries comme Beggiatoa ou Thiothrix sont capables de catalyser, par voie enzymatique, l’oxydation d’H2S en soufre élémentaire (voir la section cycle du soufre). Les vitesses de réaction et d’ensemencement des filtres sont aussi rapides que dans le cas de la déferrisation biologique (voir la section élimination du fer) ; la conception du traitement est donc la même (figure 29) : injection d’air en ligne et filtration ; la vitesse est dans ce cas comprise entre 10 et 20 m · h–1.

Si du fer est simultanément présent, il peut être ensuite éliminé par voie biologique dans la même couche filtrante. Si une eau contient simultanément H2S, Fe2+, Mn2+ et NH4+, on peut concevoir deux stades élémen­taires de traitement en série :

  • élimination biologique de H2S, puis de Fe2+, dans un premier étage de filtration après aération ménagée ;
  • élimination biologique de NH4+, puis de Mn2+, dans un deuxième étage de filtration après aération inten­sive.

conclusion

La voie biologique est de loin la plus économique, mais elle n’a pas encore été entièrement explorée et des essais restent nécessaires dans tous les cas pour préciser les paramètres opératoires et la vitesse admis­sible de filtration.

pour aller plus loin :