élimination des matières organiques

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Certaines eaux souterraines, par exemple, peuvent ne présenter qu’un problème d’élimination des MO. Ce type de problème peut aussi être prédominant dans des eaux superficielles. Le traitement à adopter pourra être très différent suivant la nature de ces MO.

MON – couleur

Les acides humiques et fulviques (dont une partie est responsable de la couleur) s’éliminent assez bien par coagulation-floculation ; toutefois, la demande en coagulant peut être élevée : il en résulte qu’une filtra­tion directe peut n’en éliminer que 10 à 30 %, alors que la réduction peut varier de 50 à 80 % dans une filière de clarification complète avec coagulation optimisée et éventuellement utilisation conjointe de CAP dans le décanteur ; dans ces conditions optimales, les molécules responsables de la couleur sont en général totale­ment éliminées ; dans certains cas, des exigences poussées imposeront un traitement de finition par O3 et CAG, surtout s’il subsiste une couleur résiduelle et/ou s’il reste trop de précurseurs de THM et d’autres sous- produits d’oxydation après la clarification (voir la section l'affinage: élimination des matières organiques).

goûts et odeurs

Si l’on excepte les goûts liés à la minéralisation de l’eau, les goûts de chlorophénol résultant d’une chlo­ration mal appliquée et l’odeur due au chlore résiduel, les goûts et odeurs désagréables proviennent le plus souvent soit de rejets industriels, soit du métabolisme des algues, des actinomycètes et des bactéries (voir la section micro-organismes dont l'eau douce est l'habitat naturel) ; dans tous les cas, ils doivent être caractérisés : détermination de leur provenance, de leur périodicité, de leur nature (dégustation et olfaction, analyse par CG-SM lorsque c’est possible) pour définir leur traitabilité. L’action des traitements peut être résumée comme suit :

aération

Elle permet d’éliminer les mauvaises odeurs dues à la présence d’H2S ou de certains composés organi­ques volatils (toluène, éthylbenzène).

clarification

Elle est sans effet notable, mais peut au contraire engendrer des odeurs désagréables (zones mortes, ana­érobiose pendant les arrêts…) si l’hydraulique et l’exploitation ne sont pas optimisées.

oxydation

L’ozone est le plus puissant des oxydants pour cet objectif, mais n’est efficace que sur certains composés (ex. : phénols, ce qui évite ensuite la formation de chlorophénols lors de la chloration ; certains métabolites d’algues…) ; une ozonation mal gérée peut aussi créer des goûts et odeurs caractéristiques (fleurs, légu­mes…).

charbon actif

Il peut être utilisé en poudre, si l’apparition des mauvais goûts est intermittente, à condition de pouvoir détecter leur arrivée dans l’eau brute. Dès que la dose de CAP dépasse, sur une durée suffisante, une valeur moyenne de 15-20 g · m–3, il est plus économique d’opter pour une filtration sur CAG, sauf si la station com­porte une clarification adaptable au procédé « Cristal étendu » (voir la section les procédés membranaires).

traitement combiné ozone-charbon actif

C’est le traitement de choix pour l’élimination des goûts et odeurs. Il permet également de réduire la demande en chlore dans le réseau, et ainsi la dose finale injectée. Il est adopté sur un nombre croissant d’installations.

En ce qui concerne plus spécifiquement les métabolites d’algues, on trouvera d’autres précisions dans la section problèmes liés aux algues et au phytoplancton.

micropolluants organiques

La clarification étant sans effet sur la plupart d’entre eux (à part les détergents, qu’elle peut réduire jusqu’à 50 %), c’est l’affinage (voir la section l'affinage: élimination des matières organiques) qui constitue le traitement déterminant : CAP, CAG, O3 + CAG, Cristal, Cristal étendu… On en trouvera le détail dans les sections l'affinage: élimination des matières organiques et les procédés membranaires.

cas particulier des solvants chlorés

Si la pollution organique d’une eau n’est due qu’à des composés volatils (ex. : trichloréthylène, tétrachlo­réthylène, chloroforme, tétrachlorure de carbone…) en quantité importante, une élimination par entraîne­ment à l’air est possible (stripage). C’est le cas de certaines eaux de nappes souterraines. Après stripage, un traitement de finition peut être assuré par filtration sur charbon actif, comme représenté sur la figure 42.

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Figure 42. Schéma d'installation d'élimination de solvants chlorés volatils