origine et mode de collecte

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L’assainissement englobe la collecte, le transport et le traitement des effluents urbains.

Les effluents urbains comprennent :

  • les eaux résiduaires ou eaux usées ;
  • les eaux pluviales ouplus exactement les « eaux excédentaires de temps de pluie » ;
  • les eaux parasites, eaux souterraines s’introduisant dans les réseaux non étanches.

L’origine des eaux résiduaires urbaines est principalement domestique (eaux « vannes », eaux « grises ») ; mais une part est d’origine industrielle (très variable suivant les agglomérations).

Les établissements industriels qui rejettent une pollution proportionnellement trop importante ou exi­geant un traitement spécifique sont généralement dotés, au moins en France, d’un système d’épuration autonome. Suivant le niveau de ce traitement, l’effluent industriel rejoint ensuite le milieu récepteur ou le système de collecte et de traitement des ERU. Souvent une norme définit les polluants et leur concentration limite pouvant être acceptés dans le réseau comme illustré par le tableau du CCTG français (fascicule 81 titre II). Voir tableau 30 estimation de la pollution des eaux de temps sec.

Conventionnellement, les volumes et pollutions journaliers des effluents industriels sont fréquemment estimés en équivalents-habitants (EH) correspondant aux valeurs moyennes rejetées par habitant dans les eaux usées domestiques (tableau 28 : Valeurs de l’équivalent habitant (EH)).

Les deux principaux systèmes de collecte utilisés en assainissement sont des systèmes à fonctionnement continu :

  • le système unitaire qui reçoit dans les mêmes canalisations les eaux usées et les eaux pluviales ;
  • le système séparatif comportant deux réseaux de canalisations différents, l’un pour les eaux pluviales de dimensions comparables à celles d’un réseau unitaire et l’autre pour les eaux usées proprement dites, de dimensions plus réduites.

Les premiers réseaux d’assainissement ont partout été de type unitaire ; le développement des réseaux séparatifs est plus récent (postérieurs à 1970). Les systèmes de collecte rencontrés dans les agglomérations sont donc rarement totalement homogènes.

On appelle système pseudoséparatif un système séparatif dans lequel les eaux de toiture et de cours inté­rieures sont dirigées vers le réseau d’eaux usées.

Pour éviter leur débordement, les réseaux unitaires sont équipés de déversoirs d’orage, conduisant au rejet direct en rivière d’une partie du débit par temps de pluie. Seule une partie plus ou moins importante du flux de pollution atteint alors la station d’épuration. Ce rejet de pollution en rivière par temps de pluie cons­titue, avec le mauvais autocurage des canalisations par temps sec, les deux inconvénients principaux des réseaux unitaires.

Pollution EHImage sécurisée
Tableau 28. Pollution par EH

Leur bonne réalisation est en revanche plus aisément contrôlable sachant qu’une qualité essentielle d’un réseau est d’être étanche et de ne permettre ni la pollution des terrains ou nappes (fuites), ni l’intrusion d’eaux parasites venant de la nappe ou de ruissellements de surface.

Le transport des effluents est réalisé dans toute la mesure du possible par voie gravitaire ; cependant les conditions topographiques exigent fréquemment la mise en place de stations de relèvement intermédiaires pouvant être suivies de collecteurs sous pression de longueur appréciable.

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Photo 7. Station ERU de Colombes (Hauts-de-Seine) - Débit : 1 035 000 m3 . j

Deux modes d’assainissement, ne mettant pas en œuvre de réseau de canalisations collectif, sont aussi à signaler :

  • l’assainissement individuel ou regroupé appliquéà une habitation ou à quelques habitations très pro­ches, souvent appelé assainissement autonome. Les eaux usées domestiques sont directement déversées dans un dispositif d’épuration « rejetant » normalement dans le sol (le plus souvent fosse septique et épandage souterrain – figure 20);
  • la collecte, le transport en camion et le traitement des matières de vidange en station centralisée. Ce mode d’assainissement consiste à stocker dans chaque habitation les effluents les plus concentrés dans des fosses étanches dont le contenu est régulièrement évacué par « tonne de vidange » vers une station centrale de traitement. Il est encore en usage dans certaines régions où l’ancienneté de l’habitat et la dif­ficulté de créer des réseaux en zone d’habitation dense, contrarient la réalisation de réseaux de collecte. Il est parfois appliqué aux produits de curage de fosses septiques. Dans les pays asiatiques, ce type de collecte et de traitement des matières de vidange (night soils) reste encore très développé.
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Figure 20. Fosse septique et épandange souterrain
pour aller plus loin :