les eaux d'exhaure

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Sans traitement, le rejet de ces eaux dans le milieu naturel peut engendrer des pollutions importantes, il est donc nécessaire de mettre en place des traitements adaptés à chaque cas. En fonction des dimensions du site, les débits rencontrés peuvent dépasser 100 000 m3 par jour.

La plupart du temps, il s’agit d’effluents acides qu’il faut neutraliser et dont il faut éliminer les métaux, ce qui est plus ou moins facile en fonction du cocktail de métaux rencontrés et des normes à respecter.

Dans la majorité des cas, la neutralisation en Densadeg permet de traiter de façon satisfaisante ces effluents, l’eau traitée étant de qualité suffisante pour répondre aux normes de rejet en milieu naturel.

Souvent, ces effluents contiennent :

  • de fortes concentrations en sulfates qui nécessitent la précipitation du gypse (sulfate de calcium) par neutralisation à la chaux (voir autres précipitations (cas des anions) sur la précipitation des SO4 pour les conditions à respecter) ;
  • de fortes concentrations en fer bivalent (10 à 500 mg · L–1), qui nécessitent un traitement d’oxydation puis de précipitation. On notera que, fréquemment, l’oxygène dissous peut suffire lorsque le pH et le potentiel d’oxydoréduction sont remontés ;
  • parfois, des teneurs en fer de l’ordre de 1 à 2 g · L–1 peuvent même être rencontrées et, dans ce cas, de fortes teneurs en SO4 et/ou CO2 permettent de maintenir, en alourdissant les flocs d’hydroxyde de fer, des vitesses de décantation élevées. Dans ces dernières applications, les Densadeg doivent alors être calculés en tant qu’épaississeur vues les grosses quantités de boues générées.

Une autre voie est d’effectuer un traitement poussé des effluents en vue de leur valorisation comme eau d’arrosage agricole, voire eau potable dans les zones arides. Là, il faut répondre aux normes de l’OMS et des autorités locales.

La ligne de traitement devient alors plus complexe, du type :

  • neutralisation (précipitation gypse et métaux divers). Dans cette phase, il faut regarder l’ensemble des pollutions métalliques sans oublier par exemple manganèse, sélénium, vanadium, cobalt, mais égale­ment uranium, radium pour leur radioactivité (liste non exhaustive). Il faut également contrôler les con­centrations en strontium et baryum pour la sauvegarde des membranes d’osmose ;
  • décantation soit en Densadeg, soit sur décanteur plus classique suivant les concentrations en matières floculées rencontrées ;
  • filtration sur sable (un ou deux étages) ;
  • traitement membranaire (osmose inverse ou nanofiltration) ;
  • reminéralisation si nécessaire.

Une étape éventuelle de retraitement des concentrats de l’osmose peut être envisagée afin de ne perdre qu’un minimum d’eau. On peut, dans ce cas, envisager une récupération de 90 % à 95 % des eaux entrée station.

Il faut noter, dans tous les cas ci-dessus, des volumes de boues toujours importants à gérer. Les concen­trations en MS aux extractions des ouvrages peuvent atteindre les 300 g · L–1 avec précipitation du gypse, mais ne dépassent pas les 80 g · L–1 en présence de métaux seuls.

La déshydratation par filtre presse est efficace, et le recyclage des filtrats permet une récupération d’eau dans les cas de valorisation.

Pilote Amanzi site B pilote potabilisation eaux minesImage sécurisée
Photo 41. Pilote Amanzi (site B, pilote complet de potabilisation des eaux de mines)